Les traitements des gencives

Les traitements des gencives

Des gencives qui saignent, des dents mobiles : est-ce bien normal ?

Les caries ne sont pas la cause unique de la perte des dents. Il existe également des maladies spécifiques aux gencives qui font appel à une spécialité nommée parodontologie. Pour en savoir davantage, nous répondons aux principales questions que vous vous posez.

Un peu de vocabulaire n’est pas superflu pour mieux se comprendre. Le parodonte est le nom donné à l’ensemble des 4 tissus de soutien de la dent comprenant la gencive qui protège l’os alvéolaire, le cément qui recouvre la racine dentaire et le ligament desmodontal qui attache la dent à l’os.

Toutes les six heures, il se dépose à la surface des dents et des gencives, et indépendamment de l’alimentation, un magma jaunâtre, la plaque bactérienne contenant des micro-organismes (bactéries, parasites, amibes) qui croissent et se multiplient. On en dénombre plus de 400 espèces différentes dont certaines, agressives, détruisent le parodonte. Le tartre n’est rien d’autre que de la plaque bactérienne minéralisée sous l’effet de la salive. On en compte deux types de tartre : l’un jaune au-dessus de la gencive, l’autre noir sous la gencive, plus agressif pour les tissus parodontaux.

Oublions le terme « arthrite » qui ne convient pas et subsiste encore dans l’inconscient collectif. On les appelle désormais maladies parodontales ou parodontopathies. Elles sont dues aux bactéries et/ou parasites : il s’agit donc bien d’une infection. Le signe qui doit amener à consulter rapidement est l’inflammation qui est la réponse de l’organisme à une agression. On observe 4 signes : le gonflement des gencives, la douleur, l’élévation de température locale autour de la dent et le saignement. Donc, une gencive saine ne saigne pas au brossage.

On décrit deux catégories de maladies parodontales :

  • les gingivites, avec comme signe principal l’inflammation de la gencive, généralement réversible.
  • les parodontites, avec la destruction des tissus parodontaux et principalement l’os autour de la dent. Il est actuellement admis que 10 à 15 % de la population développe une parodontite à haut potentiel de destruction, en fonction de souches bactériennes spécifiques pouvant être mises en évidence par des tests bactériens, par des cultures réalisées par un laboratoire d’analyse spécialisé et par le microscope. A noter que seul ce dernier outil permet de mettre en évidence les parasites (amibes, trichomonas) et les champignons (Candida albicans) et la flore parodontale indispensable à la santé de vos gencives.

Dans la bouche, différents systèmes immunitaires entrent en action. Ce sont principalement les globules blancs neutrophiles qui détruisent et digèrent les bactéries agressives. Un petit problème immunitaire et héréditaire est à l’origine du « manque d’appétit » de ces globules blancs. La sensiblité face aux affections parodontales n’est donc pas identique pour chaque individu. Les parasites (amibes, trichomonas) se nourrisent des globules blancs, ce qui a pour conséquence de diminuer vos défenses.

Il existe un test génétique. Au cabinet dentaire, un peu de salive est prélevée et déposée sur un papier filtre. Ensuite, l’échantillon de salive contenant votre ADN est envoyé à un laboratoire d’analyses qui déterminera si votre ADN est « positif » ou « négatif ». Selon le résultat ainsi qu’en prenant en compte d’autres facteurs de risque, nous déterminons vos risques de développer une maladie parodontale. En ayant une idée plus précise de votre état pathologique actuel et du risque futur d’une maladie, il est plus facile pour nous d’établir un « plan d’action » individualisé.

Selon une étude finlandaise (1998), les bactéries parodontales peuvent se transmettre entre époux par la salive. L’état parodontal d’un époux peut affecter celui de l’autre époux. Si un des époux a été traité avec succès, il n’est pas à l’abri d’une rechute ou d’une réinfection si le conjoint n’ a pas été traité. Il convient donc d’aborder le problème parodontal au sein du couple.

Les risques de développer une maladie parodontale sont plus grands si vous fumez (disons 20 cigarettes par jour) et négligez le contrôle de votre plaque bactérienne. A l’inverse, vous augmentez vos chances de conserver vos dents tout au long de votre vie et diminuez les risques d’apparition de problèmes de santé importants tels que les maladies cardiovasculaires, et pour les femmes, d’accoucher d’enfants de faible poids.

Certains médecins et dentistes pensent que la mauvaise haleine (appelée aussi halitose) trouve son origine principale au niveau de l’estomac et/ou de l’intestin, et cette croyance est également bien ancrée dans la population.

Dans 85% des cas, la mauvaise haleine est d’origine buccale. La mauvaise odeur de la bouche est due à la production de Composés Volatiles Sulfurés (CVS) malodorants. Ce sont les bactéries qui produisent les CVS.

Elle est en relation avec les maladies parodontales. Il existe une corrélation positive directe entre la quantité de CVS et la sévérité et le degré d’atteinte de maladie parodontale.

Certains patients présentent un parodonte sain et souffrent de mauvaise odeur orale chronique. Chez ce type de patients, la langue est la principale zone où se manifeste cette odeur. Elle peut aussi se manifester le matin au réveil: cette mauvaise haleine est due à la dégradation de débris alimentaires non évacués par la salive, le débit cette dernière étant diminué pendant le sommeil.

Elle apparait avec une baisse de la production de la salive soit par syndrome sec soit par la prise de certains médicaments (psychotropres, antihistaminiques, antihypertenseurs).

Elle peut être due aussi à la consommation de tabac et d’alcool.

A l’inverse des caries qui signalent leur présence par des douleurs souvent aiguës, les maladies parodontales passent souvent inapercues pour un œil non initié, sauf pour les abcès. Elles évoluent par cycles avec des périodes d’activité intense relativement courtes où la destruction des tissus est importante s’alternant avec des périodes de calme souvent assez longues. L’apparition des phases actives est encore imprévisible d’où la nécessité de contrôles fréquents.

La plupart des maladies parodontales ne sont pas graves. Néanmoins, certains types d’affections peuvent être le reflet de leucémies, de déficiences nutritionnelles, de maladies de peau, de maladies du système digestif, de tumeurs. Elles sont la principale cause des abcès du cerveau. Des maladies comme le diabète ou le SIDA peuvent présenter des parodontites sévères dues au système immunitaire déficient. Certains germes de parodontites sont la cause de maladies cardiaques d’origine bactérienne. Le médecin généraliste a aussi son rôle à jouer dans l’aiguillage du patient vers le spécialiste.

En effet, des médicaments comme la ciclosporine ou la nifédipine peuvent être la cause du gonflement des gencives. Egalement, les changements hormonaux chez la femme (puberté, grossesse, prise de contraceptifs oraux, ménopause) peuvent être associés à une gingivite, s’il existe une infection au préalable. Nous serons donc amenés à vous interroger afin de connaître votre passé médical et les médicaments pris.

Il n’y a pas de traitement par un médicament miracle. A l’heure actuelle, on ne sait pas agir sur le système de défense de l’organisme. Le traitement vise à enrayer le développement des bactéries et des parasites et cela est suffisant pour obtenir une guérison.

Vous êtes d’abord informé sur les différents moyens pour lutter efficacement contre la plaque bactérienne. Puis sont instaurées des séances de « lithotritie parodontale » (littéralement : enlever la pierre) afin d’ôter les dépôts de tartre sous la gencive ce qui a pour bénéfice de réduire l’inflammation de la gencive et donc du saignement. On peut y associer l’irrigation des gencives avec des solutions désinfectantes (eau oxygénée, chlorhexidine) et éventuellement la prise d’antibiotiques par voie générale ou locale (pâtes à appliquer sur les gencives).

Dans certains cas particuliers et relativement peu fréquents, des interventions dites « chirurgicales » sont préconisées comme les greffes d’os lyophilisé visant à réparer les pertes de substances, ainsi que les techniques de régénération (membranes résorbables, protéines de l’émail, etc…) permettant de reconstruire les tissus perdus au cours de la maladie.

Lorsque les racines des dents se découvrent, le préjudice peut être d’ordre esthétique et une sensibilité au froid peut apparaître : vous pouvez éprouver alors des difficultés à brosser. Dans ce cas, on parle de récessions gingivales et non de « déchaussement », terme démodé. Le traitement fait appel à des greffes de gencive qui recouvrent partiellement ou parfois totalement ces récessions.

Toutes ces thérapeutiques s’effectuent au sein de notre cabinet dentaire.

Les séances de « lithotritie parodontale » sont indolores et ne nécessitent pas d’anesthésie locale, car la désinfection locale est mise en place au préalable.

Quant aux techniques « chirurgicales », elles sont réalisées sous anesthésie locale, comme pour soigner les caries. Elles sont donc indolores. La prescription de médicaments adaptés réduisent sans conteste les suites opératoires désagréables qui peuvent survenir.

Un parodontiste ou parodontologiste est un chirurgien-dentiste ou un stomatologue compétent pour traiter les maladies parodontales, par des formations spécifiques et par son expérience dans son exercice quotidien. Ce praticien peut soit se consacrer uniquement à ce domaine, en s’interdisant des traiter les caries par exemple – on parle alors de parodontiste exclusif – soit l’adjoindre à son travail quotidien, comme nous le faisons dans notre cabinet dentaire.