Maladies parodontales et maladies générales

Les maladies parodontales sont des maladies infectieuses bénignes à manifestation inflammatoire, résultant d’un déséquilibre entre la flore microbienne et les défenses de l’hôte. Leurs étiologies (causes) sont plurifactorielles : bactérienne et/ou parasitaire voire virale en atteignant les dents et le parodonte (les tissus de soutien de la dent).

La bouche n’est pas un endroit isolé du corps, bien au contraire !

Les relations entre les maladies parodontales et maladies générales sont bien réelles.

Certaines maladies systémiques peuvent présenter des parodontites sévères dues au système immunitaire déficient.

Les parodontites chroniques sont aggravées par des facteurs systémiques :

– Neutropénies (dont la cyclique)

– Leucémies

– Syndrome du leucocyte paresseux (défaut de chimiotactisme)

– SIDA

– Diabètes : type 1, type 2 ou gestationnel (pendant la grossesse, les besoins en insuline augmentent. Si la fabrication d’insuline est insuffisante, le diabète apparaît.

– Maladie de Crohn

– Maladie d’Addison (insuffisance rénale)

Certains germes de parodontites sont la cause d’endocardite bactérienne (The American Journal of Cardiology and Journal of Periodontology Editors’ Consensus : Periodontitis and Atherosclerotic Cardiovascular Disease. J Periodontol • July 2009)

Les maladies parodontales sont la principale cause d’abcès endo-crâniens (Cervical spinal epidural abscess and meningitis due to Prevotella oris and Peptostreptococcus micros after retropharyngeal surgery (Frat et coll, 2004).

Porphyromonas gingivalis (Pg) pourrait être associé à des cancers par l’expression de facteurs de virulence.

Les patients victimes d’arthrite rhumatoïde (AR) active ont une fréquence de pathologie parodontale largement supérieure à celle des sujets qui en sont indemnes. Des niveaux élevés d´anticorps répondant à la flore parodontale ont été relevés dans le liquide synovial des articulations concernées, en particulier pour Pg, Tf et Pi. Des traitements antibiotiques spécifiques de la flore gram négative (Ornidazole, levofloxacine et clarithromycine) ont été utilisés avec succès dans les AR et en confirmeraient probablement l´étiopathogénie.

Il existe même des relations entre les maladies parodontales et la maladie d’Alzheimer : les gènes de Porphyromonas gingivalis modifient le processus d’autophagie au niveau des cellules nerveuses interdisant ainsi leur réparation (Progulske-Fox – Alzheimer’s Science mai 2010). Plus généralement, l’association entre les IgG de la bactérie Porphyromonas gingivalis et les troubles cogntifs dans les syndromes démentiels a été confirmée par Sparks Stein et coll. en 2012.

Les sinusites aiguës sont d’origine virale. Une surinfection bactérienne peut les transformer en sinusites chroniques. Dans les sinusites chroniques on retrouve des germes de maladies parodontales (Fn, Pg, Pi, Td, Cr, Bactéroides, Veillonella).

La bactérie Porphyromonas gingivalis (encore elle !) jouerait un rôle important dans la rupture de la tolérance immunitaire dans la polyarthrite rhumatoïde (pathologie ostéo-articulaire).

Bref, il ne faut pas négliger les maladies parodontales et leur effet sur la santé générale. Il faut donc les soigner.