Nouveaux moyens de diagnostic en parodontie

microscope

Diagnostic en parodontie

La cause (étiologie) des maladies parodontales est microbienne : bactérienne et/ou parasitaire. Ces microbes se retrouvent à la fois dans les formes agressives (parodontite juvénile et parodontite à progression rapide) et dans les sites actifs des parodontites de l’adulte. A la lecture de la presse parodontale française ou internationale, le dentiste ou le parodontiste se rend vite compte que le diagnostic parodontal devient capital tout comme le pronostic pour pratiquer une parodontie moderne plus médicale.

Or il y a peu de temps encore, les outils proposés étaient souvent réservés aux chercheurs et aux universitaires. Aujourd’hui, il existe des solutions diagnostiques à la portée des praticiens libéraux de ville. Dans notre cabinet, nous vous en proposons 4 :

1- Le microscope à contraste de phase couplé à un moniteur vidéo :

Cet outil permet d’observer directement divers microbes : bactéries et parasites.

EXAMEN DE VOTRE PLAQUE DENTAIRE AU MICROSCOPE

Maladie du parodonte, gingivite, pyorrhée sont des termes utilisés fréquemment pour décrire une inflammation de la gencive située à proximité de la racine des dents. Une fine pellicule blanche appelée plaque dentaire se trouve dans cette région : elle est plus abondante s’il y a infection. La plaque dentaire cause alors une maladie de la gencive. Il peut y avoir plus de 400 différents types de germes dans la plaque dentaire, mais seulement certains d’entre eux causent la maladie. Le but d’un examen de la plaque est d’identifier les organismes ciblés. Vous verrez des germes vivants sur l’écran de télévision relié au microscope.

Grossissement x 1000 : parasites (Entamoeba gingivalis)

Grossissement x 1000 : parasites (trichomonas tenax)

Grossissement x 1000 : bactéries mobiles (spirochètes) 

2- Les cultures bactériennes :

Elles sont traitées au laboratoire de Microbiologie de la Faculté de Toulouse, pionnier dans ce domaine.

Peu importe le nom des microbes !

  • Actinobacillus actinomycetemcomitans (Aa)
  • Porphyromonas gingivalis (Pg)
  • Prevotella intermedia (Pi)
  • Bacteroides melaninogenicus
  • Eikenella corrodens
  • Fusobacterium nucleatum
  • Capnocytophaga spp
  • Campylobacter rectus
  • Tannerella forsythia
  • Enterobacter cloacae
  • Peptostreptococcus micros

La quantification de bactéries est accompagnée d’un « antibiogramme » qui permet de définir si les bactéries détectées sont Résistantes (R) ou Sensibles (S) aux antibiotiques. En fonction de cette sensibilité ou absence de sensibilité, je choisirai de prescrire un antibiotique ciblé contre votre maladie de gencive.

Mais toutes les bactéries ne « poussent » pas. Certaines peuvent se détériorer pendant leur transport malgré toutes les précautions prises. Nous pouvons avoir, ce que nous appelons dans notre jargon, des  » faux-négatifs « . Pour pallier ce défaut, nous avons recours à un deuxième test :

3- Les sondes ADN :

Ce test fait appel au capital génétique issu du noyau des bactéries inactives. Il permet de les identifier.

Avec ces examens complémentaires, le diagnostic peut être alors posé :

  • Le diagnostic de  » Microbiologie de Parodontite Chronique de l’Adulte «  signifie que la maladie de gencive est légère et sans risque majeur de perte dentaire.
  • Le diagnostic de  » Microbiologie de Parodontite Agressive «  signifie que la maladie de gencive est sévère et que le risque de perte dentaire est très élevé en l’absence de tout traitement.

Mais contrairement à une opinion longtemps admise, la simple présence de ces microbes n’est pas capable de détruire les tissus parodontaux (c’est-à-dire l’os et les gencives) qui soutiennent les dents.

Toute altération, innée ou acquise, du système immunitaire représente une des conditions nécessaires – mais non suffisantes – pour expliquer le déclenchement des pertes d’attache (déchaussement, mobilité, déplacement dentaire) en cas d’infection. On peut citer les principales :

  • glycémie non contrôlée,
  • infections virales,
  • médicaments immunosuppresseurs (dont les anti-inflammatoires),
  • hypercholestérolémie,
  • tabac,
  • stress
  • désordres hormonaux,
  • grossesse, etc…

Pour conclure et pour finir sur une note optimiste, la seule détection de microbes pathogènes ne signifie pas nécessairement un danger de perte les dents. Néanmoins, leur absence, totale ou relative, est le plus sûr garant de la santé de vos dents.

Pour les sondes ADN et les cultures bactériennes, les échantillons prélevés sont envoyés à des laboratoires spécialisés comme Parocheck .

4- Le test PST :

Des personnes aux habitudes similaires peuvent présenter des différences sensibles. Certaines sont en effet plus susceptibles que d’autres de développer des maladies parodontales. La survenue d’une parodontite est déterminée par la combinaison de gènes et d’un certain nombre de facteurs déclenchants (infection bactérienne et/ou parasitaire, tabac, stress, etc…). Aujourd’hui, il est possible de savoir si vous êtes susceptible de développer une pathologie parodontale grâce à une analyse moderne appelée test génétique PST™.