Le tabac, les dents et les gencives

tabac

Le tabac détermine, en partie, l’état de vos gencives.

Arrêter de fumer :

– profite à votre santé parodontale.
– améliore à long terme l’efficacité du traitement.

Les effets néfastes du tabac sur la santé des gencives apparaissent à partir de 10 cigarettes par jour.

Les enfants de parents fumeurs développent davantage de caries que ceux vivant dans un environnement sans fumée ! La nicotine favoriserait la prolifération de bactéries cariogènes et diminuerait la concentration de vitamine C protectrice. La nicotine aurait aussi un impact négatif sur la formation des dents.
Jusqu’ici, ces phénomènes n’ont été observés que sur les dents de lait (Etude Université de Rochester, USA, portant sur 3500 sujets âgés de 4 à 11 ans).

A) Tabac et maladies parodontales :

Les effets néfastes des goudrons, de la nicotine et des autres produits toxiques contenus dans les fumées tabagiques sont nombreux :

– colorations brunâtres,
– augmentation des dépôts de tartre,
– sélection de bactéries agressives pour les gencives.

Diverses études de population nous indiquent que les fumeurs, et particulièrement les gros fumeurs, ont tendance nette à développer des maladies parodontales. Pourquoi ? Cela s’explique par l’action locale des produits dérivés toxiques du tabac sur l’organisme. La gencive reçoit moins de sang et d’oxygène, en même temps que diminuent les mécanismes de défense face aux bactéries de la plaque bactérienne qui deviennent alors plus agressives et donc détruisent de manière plus accrue les tissus qui soutiennent la dent.

Le fait que la gencive ne saigne pas, bien qu’elle soit affectée, est un signe supplémentaire du méfait du tabac : l’apport moindre de sang et d’oxygène tend à ce que la gencive saigne moins.

La consommation de tabac peut vous rendre tellement plus vulnérable à la maladie parodontale que le résultat à long terme d’un traitement parodontal sera bien pire que si vous ne fumiez pas.

Le facteur de « l’hygiène orale » était considéré comme responsable direct de l’incidence et de la gravité des maladies parodontales chez les fumeurs. Aujourd’hui, on pense que le tabagisme est un facteur indépendant et direct qui accélère la perte osseuse autour des dents et selon 4 mécanismes:

1) La nicotine induit une vasoconstriction de la microcirculation gingivale. En conséquence, cela réduit l’apport en oxygène, en cellules et en substances chimiotactiques en relation avec la réponse inflammatoire gingivale.

2) La fumée du tabac, à travers les composants de la phase de particules (nicotine) et de la phase gazeuse (acroléine, acide cyanhydrique et crotoaldéhyde), provoque une diminution des défenses immunitaires comme l’immunité cellulaire et humorale, notamment l’activité chimiotactique et phagocytaire des PMN (globules blancs).

3) La fumée du tabac affaiblit le potentiel d’oxydo-réduction de l’écosystème buccal en favorisant la prolifération des bactéries de la plaque bactérienne.

4) La nicotine est à l’origine de troubles du métabolisme de la synthèse du collagène, de la sécrétion protéique et de la reproduction des fibroblastes.

La consommation de tabac augmente le risque de récidive de la maladie parodontale.

B) Tabac et implants :

Une étude belge (De Bruyn & Collaert, 1994) nous informe sur des échecs implantaires chez 31% de fumeurs. Les auteurs arrivent à la conclusion que fumer est un facteur significatif important, mais pas le seul, dans l’échec des implants avant leur mise en charge fonctionnelle.

Source : De Bruyn and Collaert, The effect of smoking on early implant failure. Clinical Oral Implants Research. 1994 Dec 5(4):260ˆ264, first published online 2002, DOI: 10.1034/j.1600-0501.1994.050410.x

Une autre étude américaine (Crawford & coll.,1993), passe en revue un total de 2194 implants de Brånemark mis en place chez 540 patients. Les résultats montrent un taux d’échec plus important (11,28 %) chez les fumeurs que chez les non-fumeurs (4,76%). Les mécanismes possibles de ces échecs chez les fumeurs sont discutés et une protocole pour cesser de fumer est proposé lors de la phase chirurgicale.

Le tabagisme n’est pas une contre-indication formelle à la pose d’implants mais il augmente le taux d’échec de 20%.

C) Tabac et test génétique parodontal :

Chez certaines persones, le tabac peut masquer l’effet d’autres facteurs de risques tels que la facteur génétique mis en évidence par un test génétique. Les fumeurs ayant une prédisposition génétique courent un plus grand risque de perdre leurs dents. Donc un patient fumeur avec un test génétique positif a donc tout intérêt à arrêter l’usage du tabac.

D) C’est décidé, j’arrête de fumer :

Si vous souhaitez des informations sur le tabagisme et/ou arrêter de fumer, consultez les organismes suivants :

INPES, Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé.
Tabac Info Service ou par téléphone au 39 89.
CNCT, Centre National Contre le Tabagisme.

N.B. : si vous portez une prothèse dentaire amovible, les gommes à mâcher contenant des substituts nicotiniques sont contre-indiquées car elles peuvent mobiliser ou décoller ce type de prothèse.

En conclusion :

Le fumeur est considéré comme patient à risque pour tout acte chirurgical de la bouche.

Le sevrage tabagique constitue une des conditions sine qua non au succès des traitements, à moyen et à long terme des traitements parodontaux et implantaires ainsi qu’au maintien des dents atteintes de parodontites.

Fumer ou sourire, à vous de choisir !